Comportement professionnel

Fin de vie : Accompagner le sursaut vital ou la paix | La posture du Guérisseur

Guérisseur face à la mort

Fin de vie : Accompagner le sursaut vital ou la paix | La posture du Guérisseur

Il est des moments dans la vie d’un guérisseur où la science des hommes, la Faculté, rend son verdict. Les mots sont prononcés : « il n’y a plus grand-chose à faire », « c’est une question de temps », « il faut se préparer ». Ce sont des moments de bascule, où le bruit du monde s’efface pour ne laisser place qu’au silence de l’âme et à notre propre conscience.

Face à ce verdict, deux chemins s’offrent à nous. Il n’y en a pas un de « bon » et un de « mauvais ». Il n’y a que des chemins de Foi et de service.

Le premier chemin : Gardien du Seuil

Le premier chemin est celui de l’acceptation et de l’accompagnement. C’est la voie où, en accord avec l’âme de la personne aidée, je reconnais le diagnostic, non comme une défaite, mais comme une étape sacrée du voyage de la vie.

Mon rôle change alors, pour devenir celui, d’une noblesse infinie, de Gardien du Seuil. Le travail n’est plus de se battre contre la mort, mais d’œuvrer pour la paix. Il s’agit d’assurer une transition dans la dignité, la douceur et la lumière, d’apaiser les peurs, de dénouer les derniers attachements. C’est une posture d’une force et d’une compassion immenses : être une présence sereine qui tient la lanterne jusqu’à la porte du Grand Passage.

Le second chemin : Le sursaut vital

Le second chemin est celui du défi, celui du refus de la fatalité. C’est le chemin où, au plus profond, je sens ou je sais qu’une autre issue est possible, que le dernier mot n’a pas été dit. C’est l’instant où, pour moi, baisser les bras n’est pas une option.

Ici, la Foi doit guider les actes. Non pas la foi aveugle qui nie la réalité mais la Foi souveraine qui sait que tout est énergie et que l’énergie peut être transmutée. L’intention n’est pas d’empêcher la mort de faire son œuvre si l’heure est venue mais de donner un sursaut de vie à un corps tellement malmené par la maladie qu’il a oublié comment se battre. C’est une tentative de rallumer la flamme de la force vitale, de rappeler au corps sa propre puissance de guérison, de créer un espace où un miracle, petit ou grand, peut encore se produire.

Choisir en conscience

Le choix entre ces deux postures est l’un des actes les plus intimes et les plus difficiles de notre pratique. Il ne doit jamais être dicté par l’ego, par la peur de « l’échec » ou le désir de « réussite ».

Ce choix n’appartient qu’à l’âme de la personne que j’accompagne et à ma capacité à l’entendre. Parfois, le plus grand acte d’amour est de lâcher prise. Parfois, c’est de se battre jusqu’au bout. Le véritable travail du guérisseur donc le mien, est de discerner, dans le silence de mon cœur, quelle est ma juste place, mon juste service, à cet instant précis.

Mon rôle n’est pas, au grand jamais, de décider de l’issue, mais d’être, jusqu’au dernier souffle, un canal d’amour inconditionnel et de lumière souveraine.

Catherine

 

 

Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

To Top